“L’l’individu a le pouvoir de changer les choses et de convaincre son entourage par l’exemple”

Pouvez-vous nous décrire le projet Ceercle ?

Start-up incubée chez Manufactory et Foodshaker by Isara, Ceercle a été co-fondée par Charles Lambert, ingénieur agronome spécialisé en agriculture urbaine, et Marie Esquelisse, experte en entrepreneuriat dans l’univers des start-ups et jeune maman de deux enfants. Ensemble, ils veulent participer à la végétalisation des villes en démocratisant l’accès à la culture végétale par le citadin.

La jeune pousse a développé en 2021 son premier produit, co-conçu avec leur communauté de néo-jardiniers urbains : le potager lombricomposteur Ceercle. Cet objet ultra design pensé pour l’habitat urbain permet jardiner facilement, d’enrichir son terreau grâce à ses épluchures, et de produire des aliments frais directement sur son balcon. Les citadin.e.s ont pour la première fois accès à une offre entièrement packagée qui permet de recevoir à domicile dans un seul emballage écologique le potager, le terreau, les vers de compost, ainsi que des plants sélectionnés et certifiés bio.

Engagée dans une démarche éco-responsable, Ceercle, basée en Auvergne-Rhône-Alpes, favorise les circuits courts et l’écosystème local : des plants issus de l’agriculture locale, du terreau français sans tourbe, des vers de compost made in Lyon. Toujours dans les valeurs de l’entreprise, le potager Ceercle est 100% made in Europe et éco-conçu jusqu’au packaging qui est compostable.

Selon vous, quels sont les enjeux écologiques prioritaires dans les années à venir ?

Si on ne devait en citer qu’un seul, ce serait la préservation de la biodiversité, en particulier celle du sol qui est un véritable trésor. On estime qu’une seule cuillère à café de sol contient plus d’organismes vivants qu’il n’y a d’êtres humains sur Terre.

Ces micro-organismes, champignons, bactéries, insectes, vers… dégradent en permanence la matière organique qui tombe du ciel (feuilles, branches, déchets verts…) et tous ensemble la rendent disponible pour les plantes sous forme minérale. Pour que les plantes puissent à nouveau se nourrir et ainsi boucler le cycle de la matière.

La mission de Ceercle est certes technique, car nous tentons d’appliquer ce processus naturel dans un contenant fermé (notre potager composteur) en pleine ville, afin que le jardinage redevienne un geste éco-citoyen. Mais notre raison d’être est avant tout de faire comprendre par la pédagogie et le jardinage l’importance de la biodiversité aux jeunes générations afin qu’elles se saisissent de ces enjeux.

Quels conseils donneriez-vous aux français pour “vivre vert au quotidien” !?

Marie : mon premier conseil est de lire l’ouvrage de Bernard Farinelli “Changer avec le climat” qui permet à tout un chacun de prendre la mesure de l’urgence climatique, mais avec une vision optimiste et proactive de la situation : l’individu a le pouvoir de changer les choses et de convaincre son entourage par l’exemple, en faisant.

L’auteur propose d’abord de se poser la question de son mode de vie, et d’identifier les freins, culturels, sociétaux, économiques qui nous retiennent de changer. Puis de choisir parmi ses habitudes et son environnement lesquels faire évoluer en priorité : certains commenceront par le transport, d’autres l’alimentation, ou encore le jardinage… l’important, c’est de commencer quelque part, puis d’accélérer.

Mon second conseil serait de poser la question du cycle global d’un produit lorsque l’on fait un achat : d’où cela vient-il, et comment cela finira-t-il ?

Le dernier est d’accepter que nous ne fassions pas cela pour nous, mais pour les générations futures : nos enfants, petits-enfants et les populations d’autres territoires que les nôtres qui seront le plus touchés par les impacts du changement climatique.

Charles : très simplement, je conseillerais comme Marie de se renseigner sur la provenance des produits que l’on achète. Aujourd’hui, nous avons un pouvoir de décision énorme rien qu’avec notre portefeuille. Si l’on prend l’exemple du jardin, lorsque l’on achète du terreau avec de la tourbe, ou un plant de tomate dès les beaux jours de mars, on soutient indirectement une filière qui assèche les zones humides naturelles, et un système agricole dé-saisonné dépendant des énergies fossiles.

Il existe pourtant des alternatives simples pour valoriser le travail des producteurs, comme privilégier l’achat de produits labélisés (Agriculture Biologique, Label Rouge, AOP), les circuits de ventes locaux (marchés de producteurs, AMAPs, magasins et plateformes de produits locaux). Redécouvrir la fabrication d’un produit, c’est mieux en cerner les enjeux, ce qui permet de faire un choix éclairé sans se culpabiliser.

Mon second conseil serait de lutter contre le gaspillage à tous les niveaux (alimentaire, énergétique, économique) en évitant de surconsommer, en réapprenant la valeur réelle des biens de consommation courante.

Quelle initiative écologique vous a marqué dernièrement ?

Marie et Charles : l’installation des bornes de compost collectif à Lyon 7 où sont situés les locaux de l’entreprise. Beaucoup ne savent pas que d’ici au 31 décembre 2023, la Loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (Loi AGEC), prévoit que tous les citoyens disposent d’une solution pratique de tri à la source de leurs biodéchets, c’est-à-dire au plus près de chez eux.

Or, à moins de deux ans de l’échéance, la collecte séparée des biodéchets concerne seulement 6 % de la population française, le reste étant soit incinéré, soit enfoui. Quand on sait que les biodéchets compostables représentent environ la moitié du poids d’une poubelle et qu’ils sont composés de 80 % d’eau, cette initiative permet de résoudre simplement cette aberration, en plus de générer des emplois non délocalisables.

Il est urgent de proposer aux Français des solutions pratiques comme aujourd’hui le compostage collectif en test à Lyon, qui mènera demain, j’en suis convaincue, au compostage individuel avec des solutions comme Ceercle qui permettent de valoriser ses biodéchets directement à la maison.

Plus d’informations sur www.ceercle.eu